Entre les deux chaînes de montagnes du Liban et de l'Anti-Liban, la haute vallée de la Békaa , riche et fertile, est depuis l’antiquité le passage obligée des caravanes alimentant le « Croissant fertile » . L’ensoleillement exceptionnel, lui a donné son nom « Héliopolis » (Hélios : soleil; polis : ville) au temps des grecs. Baalbek ("au Dieu de la Vallée") n’ apparaît que dans le Talmud, peu avant la naissance du Christ.
En 47 av. J-C., Jules César en fait une ville de garnison et la baptise du nom de sa fille Colonia Julia Augusta Felix Heliopolitana, CIAFH dans les inscriptions. Vers 14 ap. J-C. l’empereur Auguste commence la construction des temples qui s’étalera sur plusieurs siècles. En 55, Néron, qui se dit égal d’ Apollon, active la construction du temple du dieu du Soleil à Baalbek. Avec ses successeurs, les finances de Rome étant absorbées par les guerres, la construction stagnera. Elle ne sera achevée que vers 245, par Philippe l’Arabe, pourtant converti au christianisme. Avec l’empereur chrétien Constantin (306-337) le culte à Jupiter-Heliopolis s’efface et des églises chrétiennes sont érigées dans les temples. Mais depuis l’origine des communautés chrétiennes existaient , persécutées à certaines époques (ainsi sainte Eudoxia exécutée en 114 ou saint Gelasimus lapidé…)

Aire sacrée et Temple de Jupiter Temple de Bacchus: le mieux conservé Temple de Vénus

Cliquez sur un des trois temples du plan, ou ci-dessous:
Le temple de Jupiter, le plus impressionnant , qui mesure 88 mètres sur 48 m. de large, est construit sur une estrade de pierres et de terre de 13 mètres de haut, ceinturée d’énormes blocs de pierre de 10 m de long sur 4 à 5 mètres d'épaisseur. Le péristyle autour de la nef comptait 54 colonnes dont 10 frontales, de 20 m de haut et de plus de 2 m. de diamètre. Seules six colonnes sont restées debout, les tremblements de terre et les destructions humaines, ayant bouleversé le site. On peut ainsi observer au sol la qualité sculpturale de ces ouvrages. En avant du temple, une immense cour de 135 m de long sur 113 de large, (au-dessus de souterrains) domine à 7 m de hauteur au dessus des environs ; deux grandes vasques rectangulaires faisaient office d'étang sacré ; tout autour de la cour, un péristyle richement ouvragé abritait des bancs de pierre face à des corniches sculptées. Plus à l'Est, une autre cour plus petite, hexagonale, au porche monumental de 60 mètres. En avant de cette cour, un propylée avec 12 colonnes, auquel on accède par un escalier monumental.
Le second temple, faussement dit "de Bacchus" était sans doute consacré à Vénus, la déesse de l’Amour (Aphrodite, Astarté). Légèrement plus petit que celui de Jupiter (70 m de long sur 35 de large) est bien mieux conservé. Il est entouré d'un péristyle de 48 colonnes de 20 m de haut portant un entablement à frise de lions, taureaux, acanthes, richement sculptés.
La porte d'entrée monumentale, 13 m de haut sur 7,5 de large, est finement ouvragée ; la nef aux colonnes cannelées engagées dans le mur ; la cella, le chœur, 27 m de long sur 22 de large ; l'adyton ou autel de la divinité, surélevé, en font un remarquable témoin archéologique de l’art religieux antique.
Le troisième temple, plus petit, dit aujourd'hui "de Vénus" plus à l'Est est une merveille de goût et de finesse, une porte de 6 m de haut sur 3 de large, précédée d'un portique à double colonnade ; un chœur admirablement sculpté de guirlandes …

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