une ville de 500.000 personnes à l'époque du Christ !

 

L'antique métropole d'Apamée (50 km au nord-est d' Hama) est, avec Palmyre et Bosra, l'un des trois sites hellénistiques les plus importants de Syrie.

L'Egypte recense l'acropole dès le XVIII° s. av. J.-C.. Une stèle du IX° s. av. J.-C. donne le nom du souverain de la ville: Urhilina. Vers 300 av. J.-C., Séleucos, premier de la dynastie hellénistique, en fait l'une de ses trois résidences et lui donne le nom de son épouse, princesse perse: Apamée. Le souverain entretient là, 500 éléphants de guerre, 30000 juments et 300 étalons ! La ville contrôle l'importante route pour Antioche. Mais les ruines accessibles de nos jours ne remontent, au mieux, qu'à 64 av. J.-C. avec la conquête par Pompée.

Le recensement de 6 après J.-C. donne le chiffre officiel de 117000 'citoyens' (hommes libres) pour l'ensemble de l'Apamène. Cela conduit à une estimation d'un demi million d'habitants, avec les esclaves et les ruraux non citoyens, considérable pour l'époque. Deux séismes, en 47, puis en 115, conduisent à la transformation de la ville. Les villes syriennes de l'époque recherchent titres et privilèges de l'Empire, chacun étant porteur de prestige face aux cités rivales. Ainsi Apamée après 47 se nomme 'Claudia Apamea' sans doute après une aide exceptionnelle de l'empereur pour sa reconstruction. Celle de 115 est grandiose: le théatre le plus vaste de Syrie (diamètre de 139 m.), la rue à colonnade la plus large (40m. d'un mur à l'autre, 20m. de chaussée sur deux kilomètres de long !) les travaux dureront... 45 ans.

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Dès le IV° s., Apamée est le siège d'un archevêché et prend par la suite la direction de la lutte théologique contre Byzance. De nombreuses églises sont édifiées à cette époque. Au VI° s. la Syrie connait épidémies, tremblement de terre et guerres. En 573 les 292000 habitants d'Apamée sont fait prisonniers et emmenés en Perse !. La ville continue d'être habitée mais perd de son importance. De 975 à 993, Apamée fait à nouveau partie de l'Empire romain d'Orient et on y reinstalle un évèque. En 1106, les croisés chassent Tancrède, prince de Galilée, mais Nour ed-Din enlève l'acropole en 1149. Ce n'est qu'à l'époque ottomane (XVIII°s.) que le village se développera à nouveau et qu'un nouveau khan et une mosquée seront édifiés au pied de l'acropole.

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