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Sergilla ( Serjillah, Serdjila... ici l'orthographe des noms propres n'est pas unique) l'une des très nombreuses "villes mortes" du nord de la Syrie. Ces cités, que l'on trouve autour d'Alep, ont été abandonnées vers le VIIè siècle et curieusement préservées depuis. Pourquoi ? Il semble que... la fiscalité en soit une cause possible:

La région connait, dès le premier siècle, une exploitation agricole intensive de l'olivier. Le besoin croissant en huile d'olive dans tout l'Empire romain, conduit à lui accorder des avantages fiscaux qui incitent les citadins d'Apamée, d'Antioche et d'Alep à aménager de nombreuses oliveraies dans les montagnes. Pour surveiller ces plantations et organiser stockage, transport et exportation, il faut du monde et des villages naissent avec, en général, un temple et une maison de réunion. Au IV° s., on assiste à une explosion démographique alors que la religion chrétienne s'impose dans la région. La fiscalité change et les gros propriétaires, accablés d'impôts, sont contraints de vendre des parcelles de leurs plantations. Le salaire des ouvriers agricoles peut aussi être payé par transfert de propriété. De nombreux monastères se créent car, en entrant dans les ordres, on échappe à l'impôt, même si les biens sont transférés au couvent. La culture des olives laissant beaucoup de loisirs, les habitants se consacrent à leur maison. Le sol en roche calcaire se prête facilement à l'extraction, les carrières sont ensuite utilisées comme citerne.

Au VII° s. guerres et tremblements de terre déciment la population. La conquête par les musulmans coupe les débouchés vers l'Empire romain d'Occident. C'est le début du déclin.. La politique fiscale ottomane du XVII° s; achève le dépeuplement définitif qui aboutit à la dénomination de "villes mortes". La région ne se repeuplant pas ensuite, les vetiges resteront intacts. (Malheureusement, depuis quelques décennies, on assiste à la réutilisation des pierres de taille pour les constructions actuelles)
A Sergilla, on trouve des tombeaux, des thermes, une église et quelques maisons particulièrement bien conservés. Et aussi des couleurs, un curieux mélange de gris et d'orange, qui donnent à cette "ville morte" une étrange impréssion de vie.

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